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Union Nationale Laïque des Anciens Supplétifs
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N° 180/2008/MC/GS
Le Président
Voila maintenant vingt et un ans que les premières
mesures en faveur des supplétifs ont été promulguées, suivies par d’autres
mesures, dont les dernières datent de 2005. Pourtant, elles excluent de la
reconnaissance nationale les supplétifs de souche européenne.
L’argumentation fallacieuse qui leur est opposée
« de la communauté de destin », est toujours mise en avant. Cette
affirmation tendancieuse, n’a aucun fondement social ou juridique. Je
m’explique : « au combat, puisqu’il s’agit ici de compenser le
préjudice subi par ces combattants supplétifs », les balles ou les obus de
nos adversaires ne faisaient aucun distinguo entre les supplétifs de souche
européenne ou musulmane, mutilant très souvent, ou tuant ces combattants au
rabais employés avec un statut de journalier.
Qui aurait l’outrecuidance (cela a déjà été affirmé
par l’administration de la part de fonctionnaires qui n’étaient même pas nés à
cette période) d’évoquer que nos frères de combat musulmans se trouvaient en
première ligne contrairement aux supplétifs de souche européenne. Cela
laisserait croire que le commandement militaire pratiquait un racisme à
l’encontre de nos frères d’armes de souche arabe ou berbère. Les supplétifs de
souche européenne portaient le même uniforme, étaient dotés du même armement,
et percevaient le même salaire soit un peu plus d’un euro par jour, et
combattaient les terroristes rebelles à la nation en ayant une affectation au
sein de leur unité sans tenir compte de leur origine, de leur race ou de leur
religion.
D’autres prôneront qu’à leur arrivée en France ils
étaient accueillis par leur famille. Quelle aberration, leur famille était
aussi en Algérie ou rapatriée, et leur seul choix possible était « La
valise ou le cercueil »
Mieux à leur arrivée en France, ils n’ont même pas eu
le droit d’être recrutés en qualité d’ouvrier forestier, ils n’ont pas été
hébergés dans ces hameaux forestiers baptisés camp de transit, mais parqués
dans des écoles ou des locaux administratifs par chambrée de 30 avec bien
souvent un seul point d’eau et quelques WC, mais surtout avec l’obligation de
vider les lieux le 25 septembre de l’année 1962. Ce que Monsieur DIEFFENBACHER Député de Marmande appelle une
communauté de destin plus favorable. Ils ont été abandonnés et livrés à la
vindicte populaire qui les insultait ou leur crachait dessus (merci le parti
communiste) en les traitant de sales colonialistes. Certains frères de combat
n’ont pas eu la force de résister et se sont suicidés. C’est oublier un peu
vite que chaque supplétif qui tombait au combat, c’était la vie d’un jeune
métropolitain qu’il épargnait. C’est ce
que le rapporteur de la commission d’aide aux supplétifs dénonce comme une
communauté de destin plus favorable.
On leur reproche d’être né français en Algérie
contrairement à leurs frères de combat de souche musulmane. Quel mensonge,
quelle aberration ! Pour pouvoir s’engager dans les formations supplétives
la condition de nationalité française était « sine qua non » sans
distinction de statut de citoyenneté droit commun ou droit local, subtilité que
la Constitution française du 4 octobre 1958 avait supprimée.
En 1962, une Ordonnance anticonstitutionnelle est
promulguée (62-825 du 21 juillet 1962) et le Chef de l’État et
son Gouvernement, bafouent et violent cette même constitution en exigeant de
nos frères de combat la recognition de la nationalité française, comme s’ils ne
l’avaient jamais eue. De qui se moque-t-on ?
C’est un bel exemple de communautarisme pratiqué par
l’Etat en séparant les expulsés des deux communautés d’Algérie. Existerait-il
juridiquement deux catégories de citoyens français rapatriés ? Le terme de
rapatrié est un terme impropre, car l’État ne s’est pas acquitté de ses
obligations que lui imposait la responsabilité prise en signant les accords
d’Evian avec un parti politique terroriste et ne représentant qu’une faible
minorité de la population d’Algérie.
L’État qui se voudrait être le chantre des Droits de
l’homme a, au mépris de toutes ses lois offert à la
vindicte du FLN, la population d’Algérie
sans distinction de race ou de religion mais surtout ses serviteurs supplétifs
150.000 morts après le 19 mars 1962.
En fait que nous reproche- t’on ? Bien que notre
identique statut soit reconnu, on nous prive de la reconnaissance nationale au
seul motif que nous sommes nés français de souche européenne.
Tous les Gouvernements successifs ont prouvé, par là,
que le sang d’un supplétif de souche européenne n’avait pas la même valeur que
celui d’un supplétif de souche musulmane.
Toutes lois prétendent vouloir réparer une injustice
envers ceux qui aurait séjourné dans des
camps ou les hameaux forestiers. Mais « quid » alors pour ceux qui ne
se sont pas installés en France et sont domiciliés dans les pays de la
communauté européenne ? Quel est le
lien patriotique avec la France ?
L’excellent rapport du Général Maurice FAIVRE
mentionne qu’environ 20 000 supplétifs de souche arabo berbère ne sont jamais
passés par ces sinistres camps de transit, ce qui ne les a pas empêchés de
prétendre et percevoir l’indemnisation et l’Allocation de Reconnaissance. Il
est inutile d’illustrer cette magistrale leçon de ségrégation, d’ostracisme et
de xénophobie, mise en place et instaurée par un pays qui prétend être le pays
des Droits de l’Homme. Si la situation de nos frères de combat supplétifs de
souche européenne n’était pas dramatique socialement et juridiquement j’en
rirais aux éclats.
Quelle conclusion ? Elle est pitoyable ! Les
supplétifs de souche européenne n’ont pas droit à la reconnaissance, leur sang
versé n’a aucune valeur comparativement à leurs frères de combat de souche
arabo berbère, ils n’ont désormais plus qu’un droit, celui de mourir dans
l’indifférence la plus totale, c’est comme si on leur reprochait d’être venus
s’échouer dans une Patrie qu’ils >avaient
toujours cru être la leur et qu’ils ont
défendu, comme leurs pères l’ont fait au cours de toutes les guerres que la métropole
avait déclarées. (1870, 1914, 1939)
Peuple de France, les parents et grands-parents de ces
combattants supplétifs au rabais, ont tout abandonné pour venir défendre ta
liberté et ta prospérité avec le succès que tu connais, mais que l’on tait. Ils
ont défendu les départements français d’Algérie, devenus français bien avant le
comté de Nice ou de Savoie, ils
ont défendu l’intégrité territoriale et la culture française en Algérie.
Pour notre République cela représente la pire des
infamies. Quand est ce que ce beau pays qu’est la France, reconnaîtra son
erreur et la réparera ? Il est grand temps, car les rangs de ces
supplétifs de souche européenne, que l’on peut quantifier actuellement à moins
de 500 soient reconnus et indemnisés alors qu’ils s’éteignent les uns après les
autres la rage au cœur d’avoir été trahis et abandonnés par ce pays qu’ils
aimaient et croyaient à la réciprocité.
Christian MIGLIACCIO
Président de l’U.N.L.A.S.