ECHO DES FRANÇAIS D'AFN
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Mai 2008
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4ème Année
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que des milliers de nos compatriotes ont été enlevés. Tant qu'ils sont ignorés nous le sommes aussi.    Ne les oubliez pas ! -- Pour voir la liste des Disparus: CLIQUEZ ICI    --              
   Sur l'extrait d'une chanson de Jean Paul Gavino    www.jeanpaulgavino.com        
Sommaire du mois






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Faux et usage de faux

            J'ai vu le clip de monsieur Gavoury sur Internet. J'ai entendu ses amalgames grossiers tendant à discréditer une commémoration d'une dignité exemplaire lors d'un ravivage de la flamme de l'Arc de Triomphe à Paris le 26 mars 2008. J'ai entendu ses exhortations sous le logo du journal " l'Humanité ", au rassemblement des " Républicains " pour contrer cette manifestation " fascisante". J'ai reçu en pleine face ses références fallacieuses destinées à pervertir le souvenir d'hommes, de femmes et d'enfants désarmés, hachés sans pitié par les balles de l'armée française.

            J'ai pris connaissance de la réaction outragée de M Donnat, qui s'est dit " choqué, bouleversé, révolté " par la présence du nom de son père aux cotés de 2000 disparus sans sépultures, qu'il s'est empressé, lui, le " fils du juste ", de qualifier " d'assassins de l'OAS ".

            J'ai lu les propos de monsieur Gonon qui peuvent se résumer ainsi : " Les exécutés de la rue d'Isly sont tombés sous les tirs croisés de plusieurs fusils mitrailleurs postés dans les étages avoisinants et sont des victimes indirectes de l'OAS ". Ce fait est, dit-il, " avéré " !
            Mais avéré par qui ?
            Maître Gonon que l'on ne présente plus, brillant défenseur de tueurs, emasculeurs, poseurs de bombes et autres kidnappeurs, utilise les mêmes procédés qui lui ont réussi dans les tribunaux. Minimiser les crimes et retourner les faits pour transformer des victimes en coupables et des criminels en puissance, en innocents angelots.
            Pas un mot du cadavre de ce vietnamien, Tran Trong Doi, retrouvé mort sur le balcon d'où étaient partis les coups de feu prélude du massacre. Qui, donc, monsieur Gonon embauchait les Vietnamiens à cette époque ? Comment une troupe aguerrie, dans laquelle on avait incorporé sans doute " innocemment ", des soldats musulmans, pouvait répondre à des tirs partis des immeubles, en rafalant par simple affolement dit-on, les civils couchés sur le macadam ? Des manifestants furent purement et simplement achevés. Cela aussi est avéré !
            Il faut avoir une sacrée dose de toupet pour passer outre et accuser des patriotes désireux de conserver une République une et indivisible, de séditieux et de fascistes.
            Oui, selon ses dires, nous avons sans doute maladroitement aimé ce pays. Mais lui qui a, avec lucidité et grandeur d'âme, si bien défendu la rébellion, en a fait ce qu'il est devenu. Une terre à fuir sous n'importe quel prétexte et par n'importe quel moyen, bordée par une mer où l'on retrouve chaque jour, les cadavres de malheureux désespérés de tous ages, morts pour avoir voulu détaler le paradis qu'il a contribué à mettre en place par le fer et le feu. Et si un jour, lui vient le courage de faire le bilan de ses actions, de ses espérances et de sa justesse de vue, il se pourrait que ses rêves soient peuplés du sang des innocents qu'il présume coupables.

            Mais je ne me fais pas d'illusions. Il est de la race des bienfaiteurs de l'humanité. Il aura ou il a peut-être déjà une rue ou une esplanade à son nom en Algérie. La rue devant la grande poste d'Alger lui irait bien.
            Et dès que l'occasion se présentera, il ira se recueillir, le 17 octobre de chaque année, pour pleurer les " victimes indirectes " appelées à manifester par une organisation terroriste qui regroupe selon lui, toutes les vertus et avait, de ce fait, tous les droits.

            Je me suis demandé ce que pourraient dire ces trois justiciers à cet ami dont le père fut enlevé puis retrouvé égorgé comme un chien dans un fossé, 2 jours plus tard, à une époque où l'OAS n'existait pas, mais où leurs confrères et amis sévissaient dans les prétoires en faisant libérer, peut être, ceux qui l'ont trucidé ? Mais je suis sur qu'ils ont déjà un argument quant aux vrais responsables. Lui ce colonisateur infâme. Lui qui fait partie de cette engeance détestable. Lui, ce chien de Pieds-Noirs qui ne mérite que 1135 balles de mitraillettes et une fusillade de 12 minutes.
            Oui la douleur de Monsieur Gavoury, est légitime comme l'est celle de tous ceux dont ils ont méprisé les supplices et interdit le droit au souvenir. Car il n'est pas le seul à souffrir !
            Leur humanité se résume au nom du journal qui s'est acharné à calomnier les affreux colons que nous sommes sensés être et dont la ligne directrice politique, encourageait notre anéantissement. Les droits de l'homme qu'ils nous suppriment, ne sont qu'un prétexte à l'expression de leur idéologie jusqu'au boutiste.
            Il est déshonorant d'avoir fait partie de l'OAS, mais c'est un titre de gloire que d'être du FLN. Même un sympathisant, recueille toutes leurs éloges. Une femme de ménage allongée sur un trottoir leur tire les larmes, mais des dizaines d'enfants égorgés dans des mechtas, les laissent de marbre.

            Et lorsque les barbouzes accomplissaient leurs basses besognes, pas un battement de cils de leur part. Ces salauds de fachos n'avaient que ce qu'ils méritaient.
            Il fallait bien envoyer de la métropole, policiers, commissaires, repris de justice, criminels repentis ou non et individus de sac et de corde pour réduire cette horde de braillards au silence.
            Ils n'avaient qu'à se laisser faire ! Fouchet le leur avait bien dit, " vos droits seront garantis " !

            Les abrutis que nous sommes à leurs yeux, avons subi sept ans de tourments et de deuils, avant que ne s'élèvent les hommes qu'ils haïssent tant. On ne refera pas l'histoire, certes, mais il suffisait qu'eux et d'autres zélés défenseurs de nos assassins, se tournent aussi vers nous, par simple miséricorde, par simple équité, pour reconnaître nos peines et nos droits afin que s'adoucissent nos tourments.
            Que nous soit donné enfin la réciprocité au souvenir, et la possibilité pour nous, citoyens sans cimetières, de faire notre deuil. Quoique qu'ils puissent en penser, nous sommes aussi des êtres humains, de chair et de sang.
            Qu'ils retirent donc le couteau qu'ils tournent, depuis quarante cinq ans dans nos plaies sanguinolentes !

            Que diraient-ils donc à mon ami ? Rien ! Parce que pour lui, c'est la quadruple peine. Il à perdu son père, la possibilité de se recueillir sur sa tombe, son pays et il reçoit périodiquement les insultes des empêcheurs de se recueillir en rond. Et en plus, il n'est même pas, lui, comme Monsieur Gavoury, pupille de la nation !

            Ils oeuvrent pour une mauvaise cause, ils invoquent de fausses raisons, ils utilisent des faux raisonnements, ils usent de faux arguments et pour une fois, au lieu de faire acquitter de faux innocents, ils condamnent de faux coupables.

A.M

Mis en ligne le 1er mai 2008