Les bons comptes
Le nombre des disparus du 05 juillet, ne sera sans doute, jamais connu exactement.
La correspondance de JF Paya et du Général Maurice Faivre, apporte des éléments de réponse avec en filigrane, le livre de Jean Monneret "La tragédie dissimulée - Oran, 5 Juillet 1962 "

Les évaluations chiffrées de Chevènement ne me paraissent pas fiables, elles sont d'ailleurs différentes de celles du consul Herly.
A mon avis, il faut prendre en compte les listes nominatives de disparus :
1. une liste incomplète du CICR, citée dans mon livre la Croix-rouge pendant la guerre d'Algérie : 265 noms.
2. Les listes consultées par Monneret au SHD : 365 décès.
3. Les demandes des familles adressées aux Affaires étrangères : 419 dossiers de disparus du 5 au 8 juillet pour le département d'Oran, réduites à 331 décédés (dont 270 pour la seule commune d'Oran et 60 cas estimés incertains).
Par rapport à Monneret, il manque 34 décédés, ce qui pourrait correspondre aux personnes non signalées (familles parties). A mon avis, il ne faut pas exagérer le nombre des célibataires sans famille de rattachement.


Mon Général
Merci infiniment pour votre réponse je vous renouvelle mes voeux pour 2008. Ce n'est pas tant le débat sur le chiffrage qui me pose problème que celui sur les circonstances de ces massacres. Pour le chiffrage autour de 800 disparus il correspond bien à celui évoqué à l'époque au consulat d'Oran et aussi officieusement du coté Algérien (dernièrement au "colloque de Lyon" plus de 700 admis par les "historiens" Algériens ). L'ex Consul Herly avait signalé près de 400"plaintes" déposées au consulat.
Mais j'ai la preuve qu'une plainte pouvait comporter plusieurs personnes d'une mime famille ? Pour ma part j'avais déposé une plainte pour 2 personnes. Aussi lorsque je parle "d'archives" chères aux historiens, pour moi il s'agirait des registres originaux du consulat et non de listings à posteriori. J Monneret ne parle pas de décès mais "d'enlèvements" porté a la connaissance du 2eme bureau, collectes des JMO de routine par certaines unités et non d'une enquête globale qui n'a pas eu lieu (si non il l'aurait donné en annexe ).
Donc ce chiffre reste aussi aléatoire et les familles affolées ne se sont pas toujours adressées a des unités de l'armée trouvant même souvent plus efficace de s'adresser directement aux éléments du nouveau pouvoir Algérien (ALN / FLN ) tout cela dans un grand désordre qui ne permet pas d'avoir des références fiables aujourd'hui. Au sujet des chefs de famille et célibataires resté seuls à Oran on ne peut pas sous estimer leur nombre. Rien que pour ma région, plus de la moitié des chefs de familles étaient restés seuls en Oranie et une estimation d'après les autorisations de sorties et les bureaux de vote du 1er juillet (où beaucoup d'européens présents ont été voter, donne les mêmes résultats).
Il faut aussi savoir que beaucoup de "déclarations d'absence" (plus tard converties en jugements déclaratifs de décès), n'ont pu être "ciblées" "du 5 au 8 juillet" mais déclarés à des dates inconnues en métropole. Le recensement de ces jugements serait intéressant.
Enfin voilà un certain nombre de considérations dont a mon avis l'historien devrait rendre compte certes avec une grande prudence mais sans avoir l'air de donner un seul "son de cloche" et un chiffre définitif dont certains ont vite fait de s'emparer (on l'a vu avec la presse Algérienne), à des fins plus idéologiques qu'historiques ! Bien cordialement
JF Paya ( Membre de Veritas et cercle Algérianiste du Poitou )


Jean Monneret déclare que sa bonne foi a été abusée par l'Express dont l'article a été utilisé par le quotidien d'Oran ; Mais enfin c'est bien lui qui a donné un chiffrage de victimes sous estimé en se basant sur un document partiel qu'il ne donne pas d'ailleurs en annexe de son livre et en ne signalant pas les autres paramètres signalés dans notre enquête de "l'Agonie d'Oran" volume 3 ; C'est lui aussi qui suggère que se sont les européens d'Oran qui auraient été provoqués (p 96-111 et autres) ce qui impliquerait une réaction suicidaire de certains d'entre eux !
Enfin J M m'interpelle sur l'enquête relative à la provocation montée par l'ALN extérieure (p 99 et 179) démentie bien sur aussi par le FLN et ses représentants actuels, sans aucun élément de preuve. J'en ai donné les éléments dans l"Agonie d'ORAN" et dans le texte que je vous ai fait parvenir en Avril 2006, en soulignant aussi l'importance de la présence militaire française (18000 hommes) sources archives et même général Katz avec la liste des unités car c'est cela qui fait la spécificité de ce drame unique dans l'histoire. Particularité qu'il ne signale pas assez dans ce livre en se souvenant que l'ALN du Maroc n'est entrée en masse que le 8 juillet à Oran (manque de logistique et plein de preuves et de témoins dont moi même) pour "rétablir l'ordre" et prendre le pouvoir, tout en liquidant ses opposants.
Bien sur le livre de JM doit être présenté car il a le mérite, grâce à son éditeur, de lever un voile sur ce drame largement occulté et il à même obligé les Algériens à en parler mais pas sans une critique et un débat justifié.
Bien cordialement Jean-François PAYA ;



Mis en ligne le 4 avril 2008
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