L'enjeu mémoriel |
DROIT DE MEMOIRE
Association régie par la Loi de 1901. dont le siège est à Lyon, 21 quai Gillet, ( 69004).
Président : Pierre Barisain-Monrose, 142 avenue des grives, 83700 Saint-Raphaël. Secrétaire général : Guy Rolland, 5 rue du grand Cormoran. D 20. 31240. L'Union. Trésorière : Maryse Gillman. 21 quai Gillet. 69004. Lyon Monsieur le Président de la République Palais de l'Elysée
55-57, rue du Faubourg-Saint-Honoré
75008 PARIS (France) Le 14 avril 2008 Monsieur le Président, Il y a cinquante ans, une immense espérance naissait de l'autre coté de la Méditerranée encore française. Portée par les Français de souches nord-africaine et européenne, et soutenue par l'Armée enfin rassurée sur sa mission, elle allait aboutir à la Vème République que vous présidez. Vous n'ignorez pas que par une volte-face encore inexplicable, cette espérance a été trahie, aboutissant à la pire des éventualités, l'abandon des populations directement concernées, qualifié de " lâche et stupide ", " d'aberration " par celui-là même que la Nation avait désigné pour l'éviter. Une amnistie progressive est venue absoudre les intervenants et il n'est pas question pour notre association de la remettre en cause. Encore que celle ci, quasi immédiate pour nos ennemis qui se permettent de célébrer leur victoire et d'honorer leurs principaux militants sur notre territoire et dans nos médias, ne soit pas réciproque puisque le sol algérien est encore fermé aux nôtres et qu'ils soient insultés à la tribune même de l'Assemblée nationale par le Chef de l'État algérien. Mais l'enjeu de la mémoire est un fait politique, comme l'Historien B. Stora parmi bien d'autres vient encore de le démontrer. Il est d'ailleurs paradoxal que le 13 mai 1958 dont on voit, au sein même de nos institutions, le caractère essentiel, inaugurant une nouvelle ère, soit quasi occulté au profit de ce mai 1968, qualifié de " chienlit " pour beaucoup et non des moindres, et que vous souhaitiez clore. Notre association " Droit de mémoire " souhaiterait donc qu'à l'occasion de ce cinquantenaire, vous mettiez non pas un terme, mais une contribution essentielle à notre Histoire contemporaine, en ouvrant les archives les plus secrètes, les plus occultées, sur ce qu'on a appelé dès le départ, " les complots du 13 Mai 1958 ". Quel a été le rôle du principal bénéficiaire de cette insurrection, le Général De Gaulle ? Il existe , selon des témoins fiables, des dossiers concernant des tractations avec le FLN dès 1956, entre l'entourage et les fervents du Général, directement ou par le Président Habib Bourguiba interposé. Le Général a-t-il obéi à un plan préconçu, dès 1955, ou même dès 1945 après sa répression de Sétif ( " J'ai fait tirer la Marine " ) ou a-t-il changé d'avis en cours de route vers 1959 ce que d'aucuns veulent nous faire croire. La vérité ne peut nuire à l'unité de notre pays confronté aux mêmes risques terroristes que les populations algériennes de toutes origines, à l'époque. Au contraire, elle lui donnerait la force de les affronter. Votre âge vous met à l'abri des responsabilités de cette triste époque, et vous débarrasseriez le monde politique des scories qui opacifient encore les motivations des uns et des autres, en faisant toute la lumière sur des hommes qui sont soit morts, soit trop âgés pour influer sur le cours de notre République. L'image de la Commune de Paris n'a cessé de grandir au XXème Siècle, au fur et à mesure que celle du libérateur du territoire, Adolphe Thiers perdait de son éclat. Le Colonel Rossel, sacrifié à l'autel de l'Unité nationale, est devenu un héros respecté de tous. La fin de l'Algérie française, la dernière année où l'Armée française a failli à sa mission essentielle , telle que l'a définie Tocqueville, de protection des individus et de maintien de l'unité du territoire, ce qu'on pourrait appeler " la commune d'Alger ", rappelle, par de nombreux points, les 3 mois sanglants de 1871. avec ses Versaillais, ses otages, ses massacres et ses fusillés pour l'exemple. Monsieur le Président, notre association vous demande instamment d'ouvrir totalement les archives afin de libérer notre mémoire, car seule la vérité rend l'homme libre et vous êtes le garant de cette liberté. Nous vous assurons, Monsieur le Président, de nos sentiments profondément respectueux. P. Barisain-Monrose |