Dernier des officiers généraux ayant participé au putsch, le général Bigot est décédé le 11 janvier dernier. Nous reproduisons ci-dessous l’hommage que l’Association des Amis de Raoul Salan, dont il était membre (et que nous remercions au
passage), lui a rendu à cette occasion.
Pierre-Marie Bigot est né le 22 décembre 1909 à Alger où son père, Louis, natif de Saint-Aignan-sur-Cher, servait comme lieutenant au 5e régiment de chasseurs d’Afrique. Sa mère, née Louise Moisan, était d’une famille implantée en Algérie depuis 1847. (…)
Constatant la dérive de plus en plus marquée de la politique gouvernementale en faveur de l’indépendance de l’Algérie au profit du FLN, le général Bigot fait part de ses inquiétudes auprès de ses supérieurs et du ministre.
(…) Ce n’est pas fait pour dissiper ses inquiétudes.
Le 16 avril 1961, le général de corps aérien Pierre-Marie Bigot est sollicité par le général Jouhaud, revenu à Alger en 1960 après avoir quitté la 1re section du corps des officiers généraux.
Celui-ci lui annonce le coup qui se prépare à Alger et demande son soutien, entre autres pour assurer le transport du général Challe de métropole à Alger. (…)
Lors des journées des 22, 23, 24 et 25 avril 1961, le général Bigot se met aux ordres du général Challe qui a pris le commandement à Alger. Il transmet au général Fourquet, commandant l’air dans l’Est algérien, l’ordre, qui ne sera pas exécuté, d’intercepter la Caravelle du ministre des Affaires algériennes, Louis Joxe, et du chef d’état-major général de la Défense nationale, le général Olié, venus pour reprendre le contrôle des unités non ralliées au général Challe.
Destitué, incarcéré le 29 avril 1961, transféré à la prison de la Santé (dans la cellule précédemment occupée par
Mohamed Boudiaf, l’un des chefs du FLN), le général Bigot est inculpé d’infraction aux articles 90, 91 et 99 du Code pénal (institués par ordonnance 60-529 du 4 juin 1960 signée en particulier d’Edmond Michelet, garde des Sceaux).
A son procès qui se tient le 6 juin 1961 devant le Haut Tribunal militaire, seul l’article 99 est retenu contre le général Bigot. Il risque la peine de mort. (…) Le général Bigot est défendu par Maître Jacques Isorni ; de nombreux officiers viennent témoigner
pour la défense : les généraux Dorange (de la promotion de Saint-Cyr du général Bigot), les généraux de l’armée de l’air Deschaux, Basset, de Maricourt, le général Héritier et également des officiers supérieurs.
Le procureur général Gerthoffer prononce un réquisitoire sévère fondé essentiellement sur l’ordre transmis par le général Bigot d’intercepter la Caravelle de Louis Joxe et du général Olié, qu’il interprète comme un ordre d’abattre si nécessaire cet avion. Il demande la détention criminelle à perpétuité.
Le tribunal, après un délibéré d’une heure rend une sentence de 15 ans de cette peine, sentence égale à celle déjà rendue contre deux des chefs de la révolte, les généraux Challe et Zeller.
Par la suite, le général Bigot sera transféré à la maison de détention de Clairvaux le 27 juin 1961, puis comme ses compagnons, sans aucun préavis, à celle de Tulle le 4 août 1961. Par décret du président de la République du 23 décembre 1965, le général
Bigot voit le reste de sa peine remis et retrouve la liberté, sous réserve de non-condamnation dans les cinq ans.
Il est l’un des généraux survivants qui retrouvent leur grade en 2e section lors de l’amnistie votée à la fin de 1982
à l’instigation de François Mitterrand, président de la République (loi n° 82- 1021 du 3 décembre 1982). (…)
LES AMIS DE RAOUL SALAN –
www.salan.asso.fr – info@salan.asso.fr –
24, rue Alain-Chartier, 75015 Paris.
Article du journal "Présent" transmis par O. Figueras
|